Aujourd'hui s'estompe la silhouette de ces légionnaires jeunes venus
d'Indochine ou d'Algérie pour se rééduquer fonctionnellement et apprendre un métier, visa pour la vie civile. A leur place, des anciens solitaires et meurtris par l'existence, malades ou
handicapés, se tournent avec espoir vers ce havre de paix.
Le général Koenig inaugure l'Institution des invalides de la légion
étrangère et déclare lors de son allocution : "La création de l'Institution des invalides de la Légion étrangère est un beau rêve qu'avaient caressé depuis longtemps tous ceux qui ont non
seulement commandé, mais avant tout aimé la Légion ; tous ceux qui ont compris dans ses rouages les plus humbles, comme les plus secrets, la mentalité propre du légionnaire qui, dans l'heur comme
dans le malheur, a besoin de se sentir chez lui".
Depuis toujours, le commandement de la Légion étrangère a été préoccupé par le sort douloureux de ses invalides ou malades qui devaient quitter leur nouvelle patrie, cette Légion à laquelle ils avaient tout donné par leur héroïsme et leurs sacrifices. Construire pour eux une maison qui serait la leur et où ils pourraient continuer à vivre, dans l'honneur et la fidélité, était un devoir qui tenait de la gageure.
C'est en 1953, dans cette belle et paisible Provence, au pied de la montagne Sainte-Victoire, à Puyloubier, que ce défi allait devenir réalité. Le 12 octobre de cette même année, Monsieur Pleven, ministre de la Défense, et Monsieur de Chevigné, secrétaire d'état à la Guerre, faisaient l'acquisition du Domaine du général et le remettaient au Foyer d'entraide de la Légion étrangère.
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L'entraide légionnaire
1930 : une fois libéré, l'ancien légionnaire se doit de trouver du travail s'il veut pouvoir subvenir à ses frais quotidiens et, nouveau pour lui, à ceux de son hébergement. Ce n'est que de cette façon qu'il pourra réussir à s'intégrer dans un milieu souvent hostile et surtout... civil qu'il ne connaît plus.
A cette situation s'ajoute bien souvent l'étiquette inquiétante : "d'ancien légionnaire" qui ne jouent pas toujours en sa faveur. Par ailleurs pour beaucoup de libérables, l'affaire se présente très mal en cas d'inaptitude au travail par suite de blessure ou de maladie.
Les légionnaires et leurs chefs à cette époque sont parfaitement conscients et même très préoccupés par le sort réservé aux "nouveaux anciens légionnaires" et se mettent, avec beaucoup de générosité, à penser à créer un organisme de solidarité innovant ainsi un "esprit de famille Légion".
En effet, hors service actif, perpétuer l'esprit de famille Légion est réservé aux amicales qui doivent s'efforcer sans cesse d'accroître leurs adhérents et aussi, belle et noble mission : d'attirer et de fixer les indifférents et les négligents.
Une étude du capitaine ROLLIN précise, à ce sujet, le constat : "de la carence des amicales constituées de membres sectaires, âgés ayant servi "la grande guerre", qui n'ont pas de possibilité d'évoluer et qui ne sont plus en mesure d'attirer les résultats qu'attendent d'elles les nouveaux anciens légionnaires. Nous sommes ici dans les années trente, aujourd'hui, il semble bien, que le problème est sensiblement le même, peut-être seulement plus accentué et préoccupant par manque d'anciens combattants. Mais, quand même, il serait bon que l'on comprenne une fois pour toute que l'histoire est un éternel recommencement. Puisse l'être humain en tirer les leçons.
L'entraide légionnaire quant à elle, semble bien plus difficile à organiser, surtout qu'elle demande des finances importantes et un dévouement désintéressé d'un personnel sélectionné et volontaire qui ne saurait être utilisé à une autre mission.
Fruits de toutes réflexions, il s'avère, dans un premier temps, que l'aide aux libérables devait se limiter : "à se doter d'une sorte de service du contentieux chargé de résoudre les problèmes des anciens légionnaires : carte de séjour, travail, pension d'invalidité, naturalisation, admission en hôpital et maison spécialisée.
Une ébauche de solution est enfin proposée par le capitaine ROLLIN au général ROLLET avec la création d'une "Oeuvre d'entraide" qui permettrait à l'ancien légionnaire de s'intégrer dans de bonnes conditions.
Parallèlement, naît l'étude de monsieur RAMBAUD, président de l'amicale de Marseille qui demande à la Légion d'acquérir une"Maison du légionnaire" où pourraient y venir s'y installer les plus déshérités de nos anciens légionnaires.
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La maison du légionnaire
Le général ROLLET, sans être un financier aguerri est cependant très conscient du coût d'une telle opération et, de ce fait même, suit l'évolution de l'étude de monsieur RAMBAUD de très près.
Les problèmes sont multiples mais le principal obstacle se révèle surtout financier.
Après deux ans de recherche, le Général est informé qu'avant la fin de l'année 1933, la "Société d'entraide de Marseille" fera l'acquisition du domaine de Vède situé sur la commune d'Auriol à trente kilomètres du vieux port de Marseille.
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